Stade Français bat U.S. Suisse : 6-0
Cette partie fut d'un intérêt réduit en raison de la constante supériorité stadiste, supériorité qu'explique partiellement le départ des rangs helvètes de deux joueurs blessés : Wagner qui ne fit que deux rares apparitions au début de chaque mi-temps et Von Au touché dans le premier quart d'heure de la deuxième phase du jeu. Cependant il est bien certain que, même complète, l'équipe suisse n'aurait pas évité la défaite tant ses joueurs parurent être dans un mauvais jour. Jamais, sauf peut-être deux ou trois combinaisons entre Reiss et Boss, ils ne donnèrent l'impression de pouvoir mener à bien une offensive. Non seulement ils s'avérèrent inaptes à amorcer un mouvement offensif cohérent, mais encore ils commirent des maladresses sans nombre, leur contrôle du ballon fut mauvais. Bref ils furent dominés dans toutes les lignes. Le Stade, lui, fit une partie des plus méritoires. Devant un adversaire débordé, il mena le jeu à sa guise et combina agréablement. Le duo Gérolami-Bunyan est à signaler dans cet ordre d'idées. Le vétéran et le novice s'entendirent à merveille. Ardents et décidés comme toujours furent Moerk et Pavillard. Belin tint honorablement sa place. Dauphin n'a pas gagné en vitesse. Deffayet fut le meilleur arrière sur le terrain. Chaisaz put en toute quiétude admirer le paysage. Le coup d'envoi échoit aux Suisses, mais Pavillard brise l'attaque et tente le premier essai. Quelques minutes après, le Stade entre son premier but sur cafouillage après un centre de l'extrême gauche. Reiss, seul à deux mètres des buts, emporté par son élan, laisse la boule en route et manque une belle occasion d'égaliser. Une combinaison Gérolami-Bunyan permet au premier nommé d'ajouter un deuxième but, aidé en cela par un défenseur suisse : Cabet évite l'aggravation de la marque en se couchant résolument sur la balle que dribblait Pavillard. Un centre de Bunyan suivi d'une tête de Gérolami et la mi-temps survient. Wagner essaie de reprendre sa place, mais à nouveau touché il quitte définitivement le terrain. Une charge irrégulière de Von Au donne au Stade un coup franc qui est transformé en but par Bunyan. Une tête de Gérolami amène le quatrième. Von Au quitte à son tour le terrain et, malgré les efforts des Suisses, deux autres buts suivent, marqués par Moerk et par Bunyan, le dernier sur pénalty. Arbitrage extrêmement malheureux de M. Macquart qui commit de grosses fautes, ce qui n'autorise en rien les injures et les menaces dont l'accablèrent à la rentrée au vestiaire des spectateurs trop intéressés pour être impartiaux. Encore une fois, même s'il n'y avait pas eu de fautes d'arbitrage et si l'équipe suisse avait été complète, le Stade devait vaincre et de loin. — E. T.